Vous êtes le sel & la lumière du monde

( Matthieu 5 ; Psaume 8  )

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Culte du 14 septembre 2008 à l'Oratoire du Louvre
prédication du pasteur Marc Pernot

Jésus dit : vous êtes la lumière du monde.

Pourtant, nous n’avons pas tellement l’impression d’être, individuellement, indispensable au progrès de l’humanité tout entière ou à la beauté de l’univers.

Jésus nous dit quand même, à chacun de nous individuellement : vous êtes, tu es, la lumière du monde. Jésus le dit parce qu’il le pense, et il le pense parce que c’est la réalité. C’est même une réalité fondamentale pour nous.

Il y a en chaque personne un génie propre et un point de vue original. Cela fait que personne d’autre ne pourrait apporter au monde ce que nous, individuellement, pouvons lui apporter. C’est déjà une chose importante à noter. Mais il y a encore quelque chose de plus fondamental, au-delà même de cette qualité qui est la nôtre, c’est individuellement que nous sommes aimés, et nous sommes irremplaçables pour ceux qui nous aiment vraiment, c’est comme quand deux personnes sont amoureuses, chacune est unique pour l’autre.

Dans la Bible, et particulièrement pour Jésus-Christ, la personne individuelle a donc un prix infini. Ce qui fait et qui fera que nous aurons toujours de la valeur, c’est un amour qui s'attache à notre existence personnelle. Cela veut dire que nous n'avons pas à mériter notre droit à vivre et à être heureux. Cela veut dire qu'un handicapé, un malade, un criminel peuvent avoir des vies difficiles, mais qu'aucun être humain ne peut perdre cette dignité qui est à l’origine même de l'existence humaine, cette dignité qui est une pure grâce de Dieu. Comme un enfant est bien souvent aimé par ses parents avant même sa naissance et qu’il reste pour eux leur enfant quoi qu’il arrive, Dieu nous considèrera toujours comme son enfant bien aimé, et il nous donne ainsi d’être source de lumière pour le monde.

Quand Jésus nous dit “ Vous êtes la lumière du monde ”, il ne nous fait pas la morale, comme s’il disait : recevez la lumière de Dieu et transmettez-là. Mais Jésus affirme, comme un état de fait, que nous sommes la lumière du monde. Il reconnaît que notre lumière peut être plus ou moins cachée, mais, même alors, elle demeure.

Cette lumière dont il est question ici, c’est notre lumière personnelle nous dit Jésus. Il ne dit pas « que la lumière de Dieu brille à travers vous » mais il dit « que VOTRE lumière brille sur ceux qui vous entourent » pour embellir la vie grâce au rayonnement de cette incroyable merveille que nous sommes par certains côtés.

Cela nous est arrivé à tous, de temps en temps d’avoir été « la lumière » pour quelqu’un, rendant le sourire, remettant sur pied, éclairant un peu l’horizon, ouvrant une porte vers la foi, ou donnant la force de pardonner… À chaque fois, la vie a été embellie, et Dieu a été terriblement fier de nous. Vous savez ?

Si Jésus commence sa toute première prédication avec ce message, c’est qu’il y a ici le point fondamental de son Évangile : en tout être humain, il existe une lumière personnelle. C’est la base de la théologie de Jésus, mais aussi de sa façon de vivre tournée vers les autres.

Le sel de la terre

Tout homme est donc, en un sens, une lumière indispensable au monde. Pourtant, nous avons tous bien conscience que l’on pourrait dire également beaucoup de mal de l’homme. Le mal existe en chaque être humain. Le mal existe aussi dans la nature, comme on le voit avec ces ouragans et ces maladies qui font tant de dégâts. C’est pourquoi Jésus, avant de nous dire « vous êtes la lumière du monde » nous dit « vous êtes le sel de la terre ». En effet, le sel est connu pour donner de la saveur mais aussi pour conserver les aliments, c’est-à-dire que le sel révèle et conserve le meilleur des aliments et qu’il élimine les saletés qui les feraient pourrir. C’est grâce au sel que le fromage est si bon et qu’il se conserve. Être le sel de la terre, c’est être dans le monde, puis mettre en valeur et conserver le meilleur de la réalité. Même s’il n’y avait que 5 % de bon au milieu de 95% de mauvais, être du sel c’est retrouver cette bonne part et la mettre en valeur afin qu’elle domine les mauvais pourcents.

C'est utile “d'avoir du sel en soi-même ” comme nous le conseille Jésus (Marc 9:50), c’est une capacité à voir la part lumineuse de l'homme sans se laisser contaminer par ce qu’il peut y avoir de négatif en lui. Jésus nous dit que l'homme a cette capacité d'être du sel. Puisque nous sommes nés de la grâce de Dieu, nous avons en nous la capacité à aimer à notre tour ainsi, car c’est bien d’amour qu’il s’agit à travers cette image du sel si utile pour rendre la vie plus belle.

Jésus nous dit que nous sommes aujourd’hui le sel de la terre et la lumière du monde. L’Évangile nous ouvre les yeux sur ces dons que nous avons, il le dit parce que c’est la réalité, mais aussi en espérant que cela nous donnera envie d’agir un peu comme sel et comme lumière autour de nous.

Jésus ne nous oblige pas à saler et à briller, mais il dit que ce serait, vraiment, vraiment dommage pour le monde si nous ne le faisions pas. Dieu ne nous aimera pas moins si nous ne le faisions pas, mais c’est un formidable gâchis quand le sel que nous sommes perd sa saveur ou quand notre lumière ne brille pour personne, laissant le monde souffrir d’une obscurité et d’un manque de saveur que personne ne pourra combler que nous-même.

Dans ces paroles de Jésus, il y a donc un appel à se réveiller un peu. C’est vrai que nous sommes souvent comme de petits bébés qui ne savent pas encore très bien voir clair ni se servir de leurs mains. Mais, heureusement, dans ce paroles de Jésus il y a aussi une proposition de service de la part de Dieu pour nous aider à faire que notre lumière personnelle brille.

Pour nous expliquer ce que Dieu nous propose de faire pour nous dans ce domaine, Jésus utilise deux images.

Être comme une ville sur une montagne

Dans la Bible, la montagne évoque la recherche de Dieu par la louange. Chacun est comme une ville faite de multiples demeures, chacun est un être complexe fait de 100 dimensions qui composent un ensemble. Nous sommes un corps qui vit, un cœur qui aime, une tête qui pense, une personne qui travaille et qui s’amuse ou qui fait de la musique… Nous sommes ainsi comme une ville faite de nombreux lieux de vie. Jésus nous dit que c’est une bonne idée de construire cette ville en hauteur grâce à l’aide de Dieu. Il ne nous est pas demandé de prier ou de lire la Bible toute la journée, bien au contraire, notre lumière est utile au monde également à travers tout ce qui constitue la richesse de notre vie. Mais toutes les dimensions de notre existence gagnent à être ainsi bâties sur la montagne de notre relation à Dieu.

La foi n’est ainsi pas quelque chose qui nous enferme ou nous limite, mais au contraire, la foi a pour vocation de nous élever, et d’embellir toutes les dimensions de notre existence.

Cette histoire de ville sur la montagne nous parle des services que Dieu se propose de nous rendre, si nous le voulons :

  • Une ville sur une montagne est une ville plus sûre parce que de là-haut on voit plus loin et plus clairement tout ce qui peut arriver. Et donc, par la foi, Dieu peut nous permettre de voir plus clair, et de mieux savoir comment nous décider.
  • Une ville sur une montagne est aussi une ville que l’on voit de tr ès loin. Par la foi, Dieu nous donne ainsi de mieux rayonner autour de nous de notre lumière personnelle, et embellir la vie de ceux qui nous entourent d’une manière qui nous sera toute personnelle.

En venant ici ce matin, c’est cela que nous sommes venus chercher : l’aide de Dieu pour bâtir notre existence en hauteur. Il peut vraiment nous y aider.

Être comme une lampe sur le chandelier

La deuxième image que nous propose Jésus nous concerne encore plus intimement. Il compare notre être profond à une lampe qu’il nous propose d’élever sur le chandelier pour qu’elle brille sur nos proches. Jésus ne nous dit pas d’élever notre lampe sur un chandelier quelconque, mais sur « LE chandelier ». Dans le contexte du peuple hébreu où vit Jésus, « le » chandelier, c’est la menora, ce chandelier qui était au cœur du temple de Jérusalem, symbolisant la présence de Dieu au milieu de son peuple et au plus profond de chacun de nous.

Cette deuxième image rejoint donc la première. Dieu est là, au plus profond du meilleur de nous-mêmes, et il s’offre pour nous soutenir, nous pour nous élever afin de mettre en valeur notre propre génie pour créer du bonheur et de la vie. C’est assez incroyable que celui qui est en train de poursuivre la création de l’univers à des échelles inimaginables s’offre ainsi, à nous, des petites fourmis, pour être personnellement comme un simple support pour que notre lumière brille enfin un peu plus. C’est incroyable, mais c’est la réalité. Jésus ne se contente pas de le dire, il va le vivre à travers sa propre existence, quand de simple charpentier il va devenir d’une façon décisive, la lumière du monde pour nous.

Mais Jésus nous dit que, malheureusement, quelque chose peut nous empêcher de briller. Cela n’éteint pas notre lampe, nous dit Jésus, mais il y a simplement quelque chose qui peut cacher notre lumière, c’est un boisseau. Aujourd’hui, bien des personnes ne savent pas ce que c’est. Un boisseau, c’est un pot qui sert à mesurer le volume d’un sac de blé, par exemple. Ce qui peut cacher notre lumière, nous dit Jésus, c’est donc le jugement que l’on peut porter sur la personne humaine. On peut mesurer la taille, la force de quelqu’un, peut-être même son intelligence, ou sa culture, mais il y a une chose que l’on ne peut pas mesurer, que l’on ne doit pas juger, c’est sa dignité, sa valeur en soi. Parce que pour Dieu, chaque être humain a, de toute façon, un prix infini à ses yeux, quelle que soit sa grandeur du point de vue physique, spirituel, artistique, social, intellectuel ou moral... Il n’est pas bon de chercher à comparer, à peser nos lumières personnelles, ni la notre, ni celle des autres personnes. Mais nous pouvons, comme Dieu, reconnaître chacune de ces lumières, la valoriser, l’élever… et nous en réjouir, puis remercier Dieu de cette incroyable merveille qu’est cette personne que nous avons un peu appris à aimer.

À chacun de vous, merci d’être là, merci pour cette lumière dont vous rayonnez ici. Vraiment, vous êtes une source de bénédiction, et vous nous donnez envie, comme le dit Jésus, de “ rendre gloire à notre Père qui est dans les cieux ”.

Éternel, que ton amour est élevé,
tu es la source de la vie,
Par ta lumière nous avons reconnu la lumière.
(Psaume 36:9).

 

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Pasteur dans la chaire de l'Oratoire du Louvre - © France2

Pasteur dans la chaire de
l'Oratoire du Louvre
© France2

Lecture de la Bible

Matthieu 5:13-16

Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes.

Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée; et on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, et elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison.

Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes oeuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux..

Psaume 8

Au chef des chantres. Sur la guitthith. Psaume de David.

Eternel, notre Seigneur!
Que ton nom est magnifique sur toute la terre!
Ta majesté s’élève au-dessus des cieux.
Par la bouche des enfants et de ceux qui sont à la mamelle
Tu as fondé ta gloire, pour confondre tes adversaires,
Pour imposer silence à l’ennemi et au vindicatif.
Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains,
La lune et les étoiles que tu as créées:
Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui?
Et le fils de l’homme, pour que tu prennes garde à lui?
Tu l’as fait de peu inférieur à Dieu,
Et tu l’as couronné de gloire et de magnificence.
Tu lui as donné la domination sur les oeuvres de tes mains,
Tu as tout mis sous ses pieds,
Les brebis comme les boeufs,
Et les animaux des champs,
Les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,
Tout ce qui parcourt les sentiers des mers.
Eternel, notre Seigneur!
Que ton nom est magnifique sur toute la terre!