Cher ami,
Oui, on peut être parfois heureux dans la souffrance ( Cf. le Psaume
23 "...Oui, le bonheur et la grâce m'accompagneront
tous les jours de ma vie..." et David, l'auteur, savait de quoi
il parlait question difficultés). C'est ce qu'annonce aussi les célèbres
"béatitudes" de Jésus ("heureux
ceux qui pleurent, car ils seront consolés..."). Pour être
heureux dans la souffrance, il est certain que la foi aide beaucoup:
- en particulier parce que la foi aide à ne pas placer radicalement
son espérance dans des choses fragiles mais en Dieu.
- Mais aussi parce que la foi aide Dieu dans son travail de consolation
et de guérison pour nous.
Mais, malheureusement, même avec une foi formidable, la souffrance
n'est pas très agréable à passer! Ce bonheur est donc
quand même fragile. Par exemple, je ne crois pas que Jésus était
particulièrement heureux dans le jardin de Gethsémanée,
la veille de son exécution, puisqu'il est dit qu'il était pris
d'angoisse et de tristesse (Matthieu 26:36). Mais peut-être, précisément,
que par la foi il reçoit le secours d'une force divine qui lui permet
de se réconcilier avec Dieu, et donc avec le bonheur, ou du moins de
recevoir une certaine paix intérieure.
Je connais même des personnes qui ont subi des choses si terribles
que leur foi a éclaté en morceaux. Parfois, les souffrances
sont trop lourdes pour une personne, et elle s'écroule ainsi sous la
charge. On a alors particulièrement besoin d'être entouré
par des amis (si possible), et d'être dans la meilleure forme morale
et spirituelle possible avant que de telles catastrophes arrivent (si elles
arrivent, malheureusement).
Il est si important, je trouve, d'être heureux maintenant, quand tout
va à peu près bien, parce que c'est toujours ça de pris
(hihi) & on n'est plus costaud s'il arrivait une tuile (mais ça
n'arrive pas toujours quand même).
La foi aide à être heureux. Mais la foi apporte aussi, probablement,
plus de souffrances. C'est ainsi que finalement le bonheur et la souffrance
sont en fait assez intimement liés. En effet, la foi ne porte pas chance,
bien eu contraire. En effet, la foi conduit à s'engager plus, à
aimer plus, à servir plus. Tout cela nous expose à nous confronter
au monde, à aller là où ça ne se passe pas trop
bien pour construire un peu quelque chose de bien (à notre échelle),
cela nous conduit à souffrir de la souffrance des autres, à
vouloir leur bien, et à recevoir parfois des claques en remerciement....
Mais oui, sans être masochiste, c'est encore du bonheur quand on le
fait de tout son cur, quand on avance, quand on fait un peu avancer
quelque chose dans le bon sens.
Fraternellement,
pasteur Marc Pernot