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Question de visiteur & réponse proposée
Ces questions et réponses ont été rendues anonymes
en changeant quelques détails (prénoms, ville, âge exact, profession...)
afin de protéger l'intimité des personnes concernées
question
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La vie éternelle =
la
vie présente avec
une dimension en + ?
Bonjour !
Tout d'abord félicitations pour
votre site ! Je ne peux que vous encourager à continuer car il est une
formidable source d'information pour celui ou celle qui cherche Dieu.
Dans votre petit dico, que je trouve particulièrement
bien fait, vous citez cette phrase dans la définition de la résurrection
:
La vie éternelle est quelque chose
que le Christ nous donne dans cette vie présente, ce n'est pas seulement
une vie future (après la mort de notre corps), mais une vie présente
qui est éternelle par certains aspects.
Qu'entendez vous par "une vie présente
qui est éternelle par certains aspects" ?
En attendant d'avoir le plaisir de vous
lire...
@+ Alice
haut de la page 
Merci pour ces couronnes de laurier, cela m'encourage vraiment.
Je reconnais que la question de la vie éternelle est
assez difficile car toute réponse peut sembler relativement abstraite.
Comment parler ou même imaginer ce qui est éternel ? Comment
imaginer une vie hors de ce monde matériel ?
Ce qui est certain c'est que, dans les évangiles, la
vie éternelle n'est pas seulement une autre vie après celle
que nous connaissons maintenant, mais la vie qui continue malgré la
mort du corps. Ce premier point me semble essentiel. Il nous invite à
vivre vraiment cette vie présente. Ce serait une erreur de la négliger
car c'est elle, cette vie présente, qui doit être de qualité,
c'est fondamental pour ce que nous vivons ici et c'est, en plus fondamental
pour la vie au-delà de la mort physique (si on en croit l'Évangile).
Cette façon de voir est une vraiment bonne nouvelle qui s'oppose à
des théologies un peu moyenâgeuses où il faudrait sacrifier
sa vie présente pour acheter auprès d'une divinité cupide
un ticket pour la vie éternelle.
La question est donc principalement celle de la qualité
de notre vie présente. Une réponse à cette question est
celle que donne une publicité que je trouve criminelle : "Auchan,
la vie, la vraie!" . Pour nous, chrétiens, c'est Christ qui est
la vie. À mon avis c'est bien plus fécond comme réponse.
Ce n'est pas une formule magique ni une pensée abstraite. C'est une
inspiration, un modèle de relation à Dieu, aux autres, et à
soi-même. L'Évangile nous dit souvent que vivre et croire en
Christ c'est vivre vraiment, cela peut se décliner sur les divers registres
de notre existence, par exemple : croire en lui c'est vivre en relation à
Dieu, c'est vivre en prenant comme priorité l'amour de l'autre (la
bienveillance, le respect de la personne, le service, l'indignation contre
les actes et les choses mauvaises, le pardon...), et c'est vivre avec le sentiment
de sa propre dignité, dignité donnée sans condition par
ceux qui nous aiment (par Dieu en premier)...
Par ailleurs, il est dit que la vie (la vraie) est éternelle,
qu'elle se poursuit dans la continuité au delà de la mort du
corps. Nous verrons bien, et après tout que nous importe aujourd'hui,
puisque de toute façon ce chemin est à mon avis le meilleur
pour vivre vraiment en ce monde.
Mais la dimension d'éternité n'est pas stupide,
elle est pensable et on peut l'imaginer par extrapolation de ce qu'est l'essentiel
de la vie présente:
- Du point de vue de la physique théorique, une vie hors de la matière
est nécessairement hors du temps.
- L'idée de vie éternelle me semble assez vraisemblable,
en percevant l'incroyable richesse de la vie, qu'elle ne se limite pas à
cette fragile organisation de la matière que le premier virus venu
ou premier tramway suffit à briser. La réalité invraisemblable
c'est que la matière ait ainsi parfois cette qualité qui est
celle d'une personnalité humaine. Que cette qualité-là
dure au-delà de son support matériel nécessaire en
ce monde ne me semble pas grand-chose, relativement.
- Cela me semble vraisemblable quand je fais l'expérience de ce
que je conserve de ceux que j'aime : ce que je garde n'a rien à voir
avec le fait qu'ils soient en bonne ou en mauvaise santé, ni même
que leur corps soit vivant ou mort. Je constate que la pensée aimante
est essentielle, que le corps d'une personne que nous aimons soit vivant
ou non. Cette expérience que nous avons de la personne humaine peut
donner une idée de la manière dont Dieu garde la personne
au-delà de la survie de son corps, comme s'il gardait l'essence même
de ce qui fait la valeur infinie de la personne. Mais, bien entendu, il
ne s'agit que d'une simple projection à notre niveau.
Mais de toute façon, qu'importe. Une vie centrée
sur l'essentiel, c'est-à-dire sur les valeurs éternelles que
sont la foi, l'espérance et l'amour (comme le dirait l'apôtre
Paul), une telle vie me semble être la vraie vie. C'est ce qui m'importe
aujourd'hui. Pour la vie après la mort, c'est une idée sympathique
et intéressante intellectuellement, mais je ne vois pas particulièrement
là quelque chose d'essentiel.
Avec mes amitiés
pasteur Marc Pernot
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Le temple de l'Oratoire du
Louvre photo Oratoire du Louvre
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