Oratoire  du  Louvre .fr Recherche sur oratoiredulouvre.fr

 

Bienvenue

Page d'accueil
Contacts
Accès à l'Oratoire
Agenda des rencontres
Activités pour tous
Activités de Jeunesse
Catéchisme d'adulte
Bulletin
Concerts à l'Oratoire
Patrimoine
Soutenir l'Oratoire
Faire une offrande en ligne
Quelques souvenirs
Le livre du bicentenaire
Blog: réflexions & débats

Réflexion

Questions & Réponses
Prédications
Petit dico de théologie
Articles / Dossiers
Audio / Vidéo
Téléchargements
le Protestantisme
Confessions de Foi
Histoire Protestante
La croix Huguenote
Nuit de l'éthique
Anciennes Prédications

En Relation à Dieu

Prier chez soi
Lire la Bible
Le Culte
Textes pour un Culte
Communion (Ste Cène)
Baptême d'enfant
Baptême d'adulte
Profession de foi
Mariage
Service Funèbre

Ouvertures

Entraide de l'Oratoire
Chœur de l'Oratoire
Eglise Réformée
Fédération Protestante
Scoutisme
La Clairière
Évangile et liberté
Cantates de Bach
Liens vers d'autres sites

 

Question de visiteur & réponse proposée
Ces questions et réponses ont été rendues anonymes
en changeant quelques détails (prénoms, ville, âge exact, profession...)
afin de protéger l'intimité des personnes concernées

question
précédente
triangle liste triangle suivante

 

Est-ce que la vie vaut ou non
la peine d’être vécue ?

(Réaction à la réponse de la question 74)

Dans Le Mythe de Sisyphe, Albert Camus déclare qu’il n’y a qu’un problème philosophique sérieux : le suicide et que la plus pressante des questions à laquelle il faut répondre est de savoir “ si la vie vaut ou non la peine d’être vécue ”.

Je me suis posé souvent la question de savoir pourquoi les chrétiens, soit éludaient la question, soit la rejetait avec violence (ce qui n'est pas votre cas évidement).

Dieu nous a donné non seulement la vie, mais aussi la capacité de juger cette vie. Il nous a donné à de nombreux moments de notre vie la liberté de choisir. Et si la possibilité de se suicider était la liberté ultime ? La faculté de Lui dire NON.

De toutes les façons, Il est le tout puissant et il nous connaît bien mieux que personne.Si je me suicide un jour, Il aura tous éléments de mon dossier entre les mains et Il décidera.... Il n'y a pas de camp du Diable, sinon il ne serait pas le tout puissant. Il n'y a que des hommes qui se débattent pour gérer leurs conflits à l'intérieur d'eux mêmes, entre eux.... Personnellement je respecte beaucoup les personnes qui veulent mourir dignement (entre autres ceux qui se sentent attaqués par la maladie d'Alzheimer). Que dit Dieu dans ces cas là ? Moi je me garde bien de me mêler de Ses affaires.

Avec toute mon amitié pour vos avis constructifs

haut de la page

Je crois que l'on est assez d'accord sur pas mal de choses. Sauf deux points :

1) En général, la personne qui se suicide ne le fait pas par choix, mais plutôt parce qu'elle n'a plus de choix ou qu'elle croit ne plus en avoir. En tout cas pour ce que j'ai pu en deviner par moi même dans des cas réels. Heureusement, d'ailleurs, qu'en général une personne qui se suicide n'est pas une personne qui "zappe" sa vie. Je n'arrive pas à avoir une admiration pour cette idée là. Je préfère l'expression de la liberté qui consiste à essayer de s'en sortir en bricolant avec ce que l'on a.

2) Je ne crois pas qu'une personne atteinte d'Alzeimer, ou tout autre personne handicapée, ne soit pas digne, ou que sa vie ne soit pas digne. Il arrive que sa vie soit dure, éventuellement insupportable, parfois pas très décente (pas belle à voir), mais non-digne, je ne vois pas.

Pour ce qui est du jugement de Dieu, par principe j'entends cette affirmation que Dieu est bienveillant et respectueux. C'est plutôt une garantie, pour le reste, je suis bien d'accord avec vous, c'est son problème.

Amitiés

pasteur Marc Pernot

Le sujet du suicide me tient tellement à cœur, que j’ai réagi un peu trop rapidement il y a quelques jours !

En vous relisant et en me relisant, il me semble que j’ai mal utilisé, pas assez pesé le sens du mot " digne ".

Je n’écris que pour exprimer des idées personnelles et surtout pas, dans ce domaine si particulier, pour donner des leçons à d’autres !

Bon, revenons au début. Je me suis fait, consciemment et inconsciemment une certaine image de ce que je devais être : " pouvoir se regarder dans la glace le matin " - c’est dans ce sens que j’ai employé le mot " digne " à tort : " digne " fait référence aux autres et non pas à soi-même -. Evidement je n’ai pas réalisé ce que je souhaitais en entier et je n’ai pas échoué complètement non plus (bien que certains jours de désespoir je dise le contraire !). Cela a peut-être été une position très orgueilleuse mais cela aide aussi à vivre. C’est parce que je n’ai pas le courage de casser cette image, qu’au moins 2 fois dans ma vie, j’ai failli en finir. La première fois parce que ma vie d'ingénieur et de navigateur me semblait complètement barrée (mais j’ai eu la chance de pouvoir changer de métier). La deuxième parce qu’il me semblait, après un grave accident que ma compagne ne pourrait plus aller avec moi en mer (elle s’est rétablie depuis). On pourrait conclure dans les 2 cas que Dieu m’a aidé. Peut-être, mais je ne vois pas bien le message qu’il a voulu me donner. " Il ne faut jamais désespérer ". Facile à dire… après.

C’est toujours ce manque de courage qui me donne à penser, que si quelque maladie ou accident m’empêchait de poursuivre ma route en mer ou de raisonner clairement, j’en viendrais à en finir. Je connais des personnes qui l’ont fait, mais chaque personne est un cas particulier et je ne sais même pas comment je réagirai dans l’avenir.

Merci pour votre confiance. Oui, vous pouvez vous regarder dans la glace. Absolument aucun doute.

Mais dans quelle glace se regarder en vérité? Dieu me semble être une extraordinaire glace. Oui, nous sommes insuffisants (ça fait partie du charme de la vie, un appel à avancer), mais dans ce miroir que peut être Dieu, nous pouvons nous reconnaître acceptés et aimés, responsabilisés aussi pour faire un peu quelque chose.

La Bible est aussi une bonne glace, un réservoir de questions qui nous interrogent et nous stimulent.

Je comprends un peu votre passion pour la mer (mon frère et moi sommes passionnés de montagne et d'un chalet d'alpage dans les Arves -> http://www.chanin.net ). J'imagine un peu la déception immense que serait de ne plus pouvoir aller en mer pour un vrai passionné. Mais je ne comprends toujours pas en quoi ça mériterait un suicide. Ce n'est pas une question de morale, mais une question de philosophie, pour moi.

Il y a là quelque chose de fondamental sur la nature même de l'humain, comme une réponse à des questions comme: Qu'est-ce qui fait que notre vie a un prix, vaut la peine d'être vécue ? Qu'est-ce qui fait que nous avons notre place sur terre ?

Si votre réponse était que, pour vous, la vie ne vaut d'être vécue qu'en pouvant faire du bateau, on pourrait dire que cette réponse ne concerne que vous, mais en fait je ne crois pas que votre propre réponse ne concerne que vous. Votre réponse concerne votre propre vie, mais aussi l'humain en général. Qu'on le veuille ou non, nos propres réponses dans ce domaine sont des leçons que l'on donne au monde qui nous entoure. Par cette réponse vous placez comme essentielle une certaine capacité à agir. Je ne méprise pas du tout l'importance de notre capacité à agir (pour faire du bien, mais aussi pour faire ce que l'on aime et pour se réjouir de la vie en ce monde). Mais il y a quand même un problème, à mon avis, quand on survalorise l'agir. Du coup les vieux, les handicapés, les maladroits ne valent pas grand chose, selon ce critère. Du coup, un chômeur (frappé dans sa capacité à agir dans la société) est atteint, malgré vous, par cette sur-valorisation de l'agir.

La réponse de la Bible me semble être que la valeur ultime de l'humain est dans l'être, pas dans l'agir, et qu'elle est dans la relation. Ce n'est pas une abstraction. Quelqu'un qui perd son travail vaut exactement autant qu'avant de le perdre. Une personne âgée qui piétine derrière son déambulateur peut avoir une qualité d'être incroyable. Et même si ce n'est pas le cas (ce qui arrive aussi), elle est digne de vivre quand même non parce qu'elle serait quelqu'un de bien, mais simplement parce qu'elle existe (et qu'elle a de l'importance aux yeux de Dieu). Un marin qui ne peut plus naviguer a sans aucun doute une très grande "frustration", mais après un moment de révolte, cela ne me semble pas mériter plus que la "frustration" d'un enfant qui vient de casser son bulldozer rouge, son préféré, celui qui a une benne basculante.

Alors, oui, il est bon d'aimer. D'aimer ceux qui nous entourent, ceux que le hasard place sur notre route, de s'aimer soi-même aussi (c'est inclus dans le aime ton prochain comme toi-même), et il est bon d'aimer Dieu, aussi (c'est intimement lié aux deux autres amours).

Et je crois que ça se travaille. L'amour est aussi un muscle! D'autant plus qu'ici, ce n'est pas l'amour-sentiment qui est commandé, mais l'amour qui veut le bien de l'autre, qui respecte, qui cherche à valoriser et grandir l'autre. Ça se travaille. Par exemple en cherchant à se mettre à la place des gens (c'est un exercice mental qui peut se faire consciemment et délibérément avant de s'intérioriser plus), pour cela on peut commencer à s'intéresser aux gens, à les regarder, à les connaître un peu mieux. Et quand l'on sent que l'autre nous énerve et qu'on le trouve nul, on peut mentalement, consciemment rechercher ce qui est bien en lui, et se laisser toucher, enrichir par cela... Et puis l'on peut travailler sur soi-même. Le soir, la prière peut être une occasion de présenter devant Dieu (devant l'idéal d'amour) les relations que nous avons eues avec les autres, de remercier Dieu de cela, et lui demander de nous donner de les aimer mieux, et d'avoir l'humilité de nous laisser aimer.

Amitiés fraternelles

pasteur Marc Pernot

réagir sur ce sujet
question
précédente
triangle liste triangle suivante
poser une question

Réagissez sur le blog de l'Oratoire, faites profiter les autres de vos propres réflexions…

 

 

 

Le temple de l'Oratoire du Louvre - photo http://www.oratoiredulouvre.fr

Le temple de l'Oratoire du Louvre photo Oratoire du Louvre

 


Eglise Réformée de l'Oratoire du Louvre
temple : 1 rue de l'Oratoire et 145 rue Saint Honoré 75001 Paris
secrétariat : 4 rue de l'Oratoire 75001, téléphone : 01 42 60 21 64 (international : +33 142 602 164)
mail : pasteur@oratoiredulouvre.fr