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475. Sujet : Puis-je me libérer du mariage ?

Un jour, il y a bien longtemps, c’est vrai, je me suis marié dans une église. J’ai épousé, dans le consentement, l’un de mes semblables, une autre personne : une femme. Elle devenait ainsi ma femme. J’ai signé ce contrat de ma main. J’ai donc pris cet engagement. Seulement voilà, plus de trois décennies après, tous mes goûts, mes aspirations, mes désirs, ma façon d’analyser et de comprendre le monde ont changé. Ceux de mon épouse aussi, je pense. Nous avons également changé physiquement et ce n’est sans-doute plus le look qui pourrait aujourd’hui déclencher le phénomène de première attraction. Je n’ai plus du tout la même conception du mariage (dont par ailleurs je n’ai jamais réellement compris le sens véritable, ni les exigences, si ce n’est de croire qu’il pouvait être considéré comme utile pour la société), et je n’ai donc cessé de m’interroger sur le bien fondé de vivre en couple, y découvrant bien plus de contraintes et contrariétés que ce soi-disant bonheur annoncé et promulgué par tous ceux qui m’accompagnaient et m’encourageaient alors à entrer dans cette démarche. La vie en célibataire eut sans-doute été une heureuse alternative mais alors je n’aurais jamais connu cette famille qui m’aime et qui m’entoure.

Pourtant aujourd’hui que tout ce brouhaha familial est derrière nous, j’aspire fortement à retrouver ma liberté d’antan, à un désengagement, bien que çà ne sera plus jamais comme au temps de ma jeunesse : j’en suis conscient et je l’admets ! Malgré cela, je veux vivre sans femme aujourd’hui : ne plus avoir officiellement de femme ; ne plus être considéré comme époux. Changer d’état civil, mais surtout de mode de vie ! Ne plus avoir à partager avec quelqu’un ma sphère privée ; garder mon intimité pour moi seul ; ne plus avoir de conversation en couple ; ne plus devoir faire de compromis envers une femme ! Bref : devenir plus libre et donc plus heureux, maître de mes décisions et seul à en porter la responsabilité.

La grande Question est alors : En ai-je le droit ? S’il vous-plaît, réfléchissez-y un instant et répondez-moi : est-ce-que cela est bien dans mon bon droit ? Si ce n’est pas tout à fait le cas, c'est-à-dire si vous pensez que ce n’est pas un droit absolu, c’est donc que je suis assujetti au statut d’homme marié ! Vous pouvez me l’écrire dans vos commentaires en marge de cet article.

Car Vous êtes venus jusqu’à moi pour me lire, et je vous en remercie, alors j’aimerais bien recueillir votre avis sur cette grande Question ( ?) que je ne cesse de me poser ! Votre avis pourra m’aider à réfléchir davantage et, qui sait, peut-être bien à résoudre cet épineux problème. Je reprends… C’est donc que je suis assujetti à vie au statut d’homme marié ! A cela, je réponds : pourquoi devrais-je attendre la mort pour être libéré d’une condition qui ne me sied plus du tout ? Pour respecter la loi civile (mais rien n’y oblige plus désormais, avec le droit à la séparation ou au divorce), ou bien la loi divine ? Mais alors, que signifie le sens divin du bonheur qui devrait être un cadeau avec le mariage, et que faire du restant de ses jours ? Souffrir pour simplement avoir dit « OUI, je consens » à un moment désormais lointain et oublié de mon existence ? Le mariage serait alors un acte bien cruel en soi, clouant l’homme à sa croix de devoirs et obligations conjugales pour une seule parole dite, peut-être dans un moment d’égarement euphorique, provoqué par un sentiment non maîtrisé à l’époque. Je ne pouvais alors posséder la maturité d’esprit que l’âge et l’expérience m’ont donnée ensuite ! Ce fut peut-être de l’insouciance ou une totale absence de lucidité, comme je le penserais plutôt ; un instant de saine folie !

Pourquoi alors ce genre de folie mériterait une telle punition, un tel châtiment divin : être obligé de mener commune vie quand le désir de revivre seul se fait si pressant ? Je suis né seul ; je mourrais seul à mon heure ; j’en déduis que j’ai également le droit de vivre seul maintenant.

La Femme est, selon la Bible, la cause de la tentation d’Adam. S’en libérer, c’est aussi s’écarter de son influence et de son pouvoir sur l’homme. Rendez-Nous notre liberté, afin de vivre de façon plus harmonieuse avec soi-même. Le couple est ce qui par nature s’oppose à l’harmonieux. Penser à deux est impossible. Penser pour deux est délicat. Echanger est souvent lassant, frustrant. Agir à deux est bien trop compliqué.

Retrouver la paix en son fort intérieur ne peut se faire qu’en rompant le mariage ou son impossible équilibre.

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Cher monsieur

J’ai été bien sensible à votre douleur, à vos difficultés.

Mais voilà. Il n’y a que des histoires personnelles, chacune étant infiniment singulière. Il me semble exagéré de remettre en question le mariage parce que des échecs existent. Il y a, certes milles raisons pour que ça ne marche pas, mais comme vous le faites très justement remarqué, il y a un couple sur deux qui tient bon, je connais des centaines de couples qui, après 50, 60, voire 70 ans de mariage sont le lieu d’amours magnifiques...

Et, certes, il existe un couple sur deux qui, après un temps comprenant une part de belles choses et une part de choses moins belles voire terribles se séparent. Ces personnes ne sont pas à accabler de reproches pour cet échec, mais au contraire, nous sommes invités à les accompagner et à leur dire que rien ne nous sépare de l’amour de Dieu.

Votre plaidoyer pour la liberté est très beau. Mais la liberté est belle, à mon avis, précisément quand on s’engage, quand on choisi, librement, de faire quelque chose de cette liberté en entrant dans des liens de fidélité, à des personnes, à des valeurs, à des filiations... Ces liens ne sont alors pas des chaînes d’esclave mais plutôt comme la corde qui relie des alpinistes dans une cordée, un lien pour avancer ensemble.

Bonne route à vous,

Avec mes amitiés respectueuses

pasteur Marc Pernot

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