|
/
/
|
 |
Quelques
illustrations chrétiennes des premiers siècles
Par ces représentations,
les chrétiens des premiers siècles répondent
à cette question : qu'est-ce qui est essentiel pour moi
en Christ ? Quelle espérance, quel salut nous a-t-il apporté
?
- Le berger,
- Le Chrisme,
- L'Orant,
- Le Poisson,
- L'ancre,
- La Colombe,
- L'Olivier, le palmier, la vigne,
- Le Phénix,
- La vie de Jésus.
Voici d'abord, la représentation
de Jésus la plus fréquente au cours des 3 premiers
siècles:
Le Bon Berger
|

Christ berger (statue de 225)


( plafond d'une salle dans les
catacombes de Priscilla à Rome )

(statue en marbre du 4e siècle
représentant Jésus,
trouvée à El Mina près de Gaza, Rockefeller
museum )
|
L'image de loin la plus fréquente pour représenter
le Christ et ce qu'il nous apporte est un berger portant
une agneau.
Cela est révélateur de ce qui a été
considéré par les premiers chrétiens
comme étant le coeur de l'Évangile du Christ,
et le salut offert par Dieu en Christ.
Bien entendu, Jésus n'était pas berger au
sens littéral du terme (il était charpentier,
puis rabbi). Et la plupart des disciples ne l'ont pas connu
adolescent comme il apparait le plus souvent sur ces représentations.
Le berger portant une brebis fait référence
à une parole fondamentale de Jésus, c'est
une courte parabole où Jésus explique son
attitude vis-à-vis des personnes pas bien comme il
faut. Il se compare alors à un berger qui va rechercher
la moindre des brebis perdues, et qui se réjouit
beaucoup quand il a pu la trouver et ramener sur ses épaules
(Luc 15)
Cette figure du berger comme l'image même de la grâce
est très connue de la Bible. Dieu lui-même
est souvent comparé à un berger (Psaume 23,...),
et les plus grandes figures de l'histoire d'Israël
étaient bergers (Abel, Abraham, Moïse, David...)
Si le Christ est représenté comme un jeune
homme, et non pas comme un homme d'une trentaine d'année,
c'est là aussi un message théologique. Il
est l'Homme véritable, puisqu'il est vraiment Fils
de Dieu. Pour représenter cela, les chrétiens
l'ont figuré dans la force de la jeunesse. Cela illustre
également des passages de la Bible parlant de la
nouvelle naissance (Jn 3), ou du rajeunissement intérieur
par l'Esprit (le 2 Cor 5).
Dans plusieurs de ces images, le Christ berger porte non pas
une brebis mais visiblement un bouc, et dans la fresque ronde, on distingue à ses pieds
une brebis à sa droite et un bouc à sa gauche. Cela fait imanquablement penser à une autre parabole essentielle de Jésus que l'on trouve dans l'évangile selon Matthieu (chapitre 25:31-46) où
les boucs représentent les pécheurs et les
brebis les justes. Il y a par conséquent dans cette image une lecture très intéressante par la jonction de ces deux paraboles, Christ étant ainsi venu pour sauver les pécheurs, même les boucs que nous sommes par certains côtés. Voir cette prédication à ce sujet.
Les colombes encadrent cette scène, signifiant le
salut et la paix (voir plus bas) |
|

sarcophage chrétien
|
Jésus en berger au centre, peut-être
les femmes découvrant Jésus ressuscité
à droite, et les apôtres, à gauche,
en train de consulter les écritures ? |
|
Sur cette lampe à huile on retrouve une représentation
du bon berger.
Il y a également ici deux autres éléméments
symboliques forts:
D'abord, le fait que ce soit une lampe, cela illustre la
notion de Christ "lumière du monde" (Jean1:9,
8:12 ; 9:5), d'autant plus que c'est une lampe à
huile. Car l'huile est un symbole majeur dans la Bible pour
la bénédiction de Dieu. Christ signifie d'ailleurs
"qui a reçu l'onction d'huile" (il ne l'a
probablement pas reçue physiquement, mais spirituellement).
un décor de vigne et de raisins, là encore
il s'agit de symboles bibliques bien connus dans la Bible
Hébraïque et dans l'Évangile (citons
par exemple Jn 15 où Jésus est présenté
comme le Cep, et nous comme les sarments). |
|

( vers 300 )
|
Cette lampe à huile comporte également une
représentation de Jésus en berger portant
un mouton et faisant paître d'autres. La lampe évouqe
le Christ berger, lumière, il y a aussi une représentation
de Jonas (recraché par le poisson et couché
à l'ombre de son ricin, évoquant le livre
de Jonas et l'évangile selon Luc 11:29-30 "de
même que Jonas fut un signe pour les Ninivites, de
même le Fils de l'homme en sera un pour cette génération.",
et d'autres allusions bibliques au dessus)

|
|


|
Le plus souvent, le Bon berger (le Christ) porte un mouton.
Mais il y a aussi des représentations où
des moutons sont sur leurs pattes, ce qui évoque
plus particulièrement le passage de l'Évangile
selon Jean au chapitre 10, où Jésus explique
sa mission comme étant celle d'un "bon berger".
L'insistance est alors portée sur la fonction du
Christ comme conducteur, comme guide, le Christ Vérité,
Chemin et Vie de Jn 14.
Alors que le Berger portant le mouton insiste plus sur
le Christ comme Sauveur, comme nous donnant la vie gratuitement.
Comme ces deux fonctions du Christ Berger sont complémentaires,
bien des images combinent le Christ portant un agneau, et
en guidant d'autres qui tournent leur face vers lui.
Sur cette image on a également deux arbres, celui
de gauche semble être un saule, et celui de droite
est un olivier. Le saule évoque un arbre poussant
près d'un cours d'eau (comme dans le Psaume 1, enraciné
dans la Parole de Dieu). L'olivier évoque le Christ,
producteur d'olive comme le Christ porte la bénédiction
de Dieu. |
|

(Catacombes de Rome, en 284)

|
Sur cette représentation symbolique du Christ, datant
du début du IIIe siècle (Catacombe de Calixte):
nous retrouvons les deux moutons, celui qui est porté
et celui qui est guidé,
le coq évoque le reniement de Pierre (Jn 18:27),
et nous propose ainsi à reconnaître notre propre
infidélité au Christ,
le seau évoque le Christ comme nous donnant "l'eau
vive", une source de bénédiction qui
jaillit directement au plus profond de nous-mêmes
(Jn 4:10, Jn 7:38).
|
|

(fresque, catacombes, vers 300)
|
Joli Christ sur le plafond d'une salle. La barbe évoque
plutôt la sagesse du philosophe. L'auréole
exprime sa royauté.
L'alpha (A) et l'oméga (w)
sont la première et la dernière lettres de
l'alphabet grec. Cela fait référence à
un texte de l'Apocalypse de Jean, où le Christ dit:
Voici, je fais toutes choses nouvelles... C'est fait!
Je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la
fin. A celui qui a soif, je donnerai de la source de l'eau
de la vie, gratuitement. Apoc 21:5 |
|

(la plus ancienne représentation
du Christ connue est probablement ce graphiti injurieux,
vers 150)
|
Ce graphiti a été fait au 2e siècle
sur un mur de Rome (colline Palatin). La légende
signifie " d'Alexamenos rend un culte à son
Dieu". Alexamos est donc représenté à
gauche, levant les bras en signe de prière, de louange,
selon l'habitude des premiers chrétiens (voir plus
bas). L'homme crucifié avec une tête d'âne
représente le Christ.
L'auteur du graphiti trouve donc complètement ridicule
qu'Alexamenos puisse reconnaître comme sauveur un
homme crucifié.
À cette époque, et en encore pour plusieurs
siècles, un chrétien ne représentait
jamais Jésus en croix. La croix était une
réalité trop affreuse, trop diffamante. Ce
n'est qu'à partir du IVe siècle que l'image
du Christ en croix apparait. |
Voici ensuite un symbole très
fréquent lui aussi au cours des 3 premiers siècles:
Le Chrisme
|



|
Au centre, il y a un X et un P entrecroisés ,
il s'agit des deux premières lettres du mot Christ
en grec (cristos), le R grec
ressamblant à un P dans notre alphabet, et le Ch
grec ressemblant à notre X.
Parfois, on a simplement ,
un I et un X entrecroisés: les initiales de Jésus
(I) et de Christ (X).
Dans les deux cas, ce monogramme est une simple abréviation
pour désigner Jésus Christ, c'est à
dire Jésus comme notre sauveur, et comme sauveur
de l'humanité, le messie, le Christ
Ce nom est important, bien entendu, dans le Nouveau Testament.
Être disciple du Christ, c'est comme être marqué
de son nom:
Pierre leur dit: Convertissez-vous, et que chacun de vous
soit baptisé au nom de Jésus-Christ, à
cause du pardon de vos péchés; et vous recevrez
le don du Saint-Esprit.(Actes 2:38)
À partir du IVe siècle, peut-être que
ce signe deviendra un petit peu pour certains, comme un
"sésame ouvre-toi", permettant d'obtenir ce que l'on
désire? L'histoire raconte que l'empereur romain
Constantin gagna miraculeusement une victoire militaire
formidable en peignant ce signe sur le bouclier de ses soldats
(en 313).
Souvent, le
est encadré de deux autres lettres: un alpha (A)
et un oméga (w), qui sont
la première et la dernière lettres de l'alphabet
grec. Cela fait référence à un texte
de l'Apocalypse de Jean, où le Christ dit:
Voici, je fais toutes choses nouvelles... C'est fait!
Je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la
fin. A celui qui a soif, je donnerai de la source de l'eau
de la vie, gratuitement. Apoc 21:5
"A w
" se lit donc : Christ est le commencement de quelque
chose de vraiment neuf dans l'histoire de l'humanité,
et dans l'histoire de la vie de chacun. Et Christ est la
finalité, c'est à dire le sens-même,
l'accomplissement de la création, le sens et l'accomplissement
de notre vie.
|
|
Sur les tombes chrétiennes des premiers siècles
(dans les catacombes, par exemple), on voit souvent "w A",
avec le w avant le A, comme
pour annoncer la résurrection. La fin (mort biologique)
est le début d'une vie nouvelle grâce au Christ.
Les autres symboles que l'on voit ici sont également
très fréquents:
les deux petites rivières qui coulent en dessous,
évoquent le Christ comme nous offrant "l'eau
vive", comme déjà évoqué
plus haut (Jean 4:10, Jean 7:38, Apoc 21:5)
la couronne de palme évoque le salut, la vie éternelle
que nous offre le Christ. En effet, le palmier, comme le
saule est un abre qui pousse au bord de l'eau, il évoque
ainsi le croyant qui se nourrit de la bénédiction
de Dieu (comme dans le Psaume 1) |
|

|
Comme sur cette scène gracée sur un tombeau,
vers la fin du IVe siècle on voit apparaître
une croix dans les images chrétiennes. Ici, il y
a le chrisme, avec une couronne de palme, les flots d'eau
vive, des colombes et une croix.
Les soldats renvoient à l'épisode des soldats
romains endormis à la résurrection de Jésus-Christ.
Cette représentation de la croix ne me semble pas exalter la croix comme sacrifice puisqu'elle est vide, que Jésus ne la porte pas ni n'est porté par elle. Mais la croix semble là comme symbole de la mort, dominée par des signes évoquant la résurrection. L'ensemble est ainsi un signe d'espérance pour la famille qui avait là le tombeau d'un être cher. Christ est signe de vie, signe de résurrection pour nous.
Ce tombeau se trouve à Rome (tiré des catacombes de Domitille, conservé au musée Pio Cristiano du Vatican, il doit dater de la 2e moitié ou de la fin du IVe siècle). |
|
Colombes buvant dans un tonneau, un bassin ?
et Chrisme
|
|
Lampe à huile avec Chrisme et couronne de palme
Cela montre que Jésus est source de lumière : il nousdonne de l'utnomie dans la vie, nouspermettant de voir clair la vraie valeur de la vie, du monde, des êtres et de nous-mêmes, de voir les dangers, et par cette lumière qui vient de Dieu, il nous donne de pouvoir dicerner entre ce qui est bien et ce qui est mal.
“Jésus est la lumière du monde; celui qui le suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie.” (Jean 8:12)
La couronne de palme est signe de la vie éternelle (voir ci-dessus)
|
Une autre figure majeure du
Christ est un homme debout, priant les mains levées :
L'Orant
|



|
Le Christ, ou la personne sauvée est représenté
en prière, dans une robe blanche de baptisé.
- Les bras ouverts dans la prière montrent l'attitude
du croyant face à son Dieu: une attitude d'accueil,
d'attente, de réceptivité.
- alors qu'une personne à genoux, mains jointe
évoquerait plus la supplication, l'humilité
devant un souverain puissant, qui pourait décider
ne nous rejeter.
La position debout évoque la résurrection,
la capacité à avancer. La robe blanche évoque
la pureté que Dieu choisit de nous offrir en nous
regardant avec respect et bienveillance comme son enfant
(comme dans la parabole du fils prodigue de Luc 15).
Le geste des mains ouverte évoque aussi la joie,
le bonheur de celui qui est sauvé.
Dans cette fresque (en rouge) nous avons une représentation
du Christ qui est à la fois le bon berger et l'orant.
Nous avons donc un résumé de ce qu'il représente
: il est notre salut et notre bonheur,
|
|

|
Dans cette image, nous avons en plus unc olombe qui apporte
à l'orant un branche de palme.
On voit ainsi ce que le chrétien peut attendre:
le don de l'Esprit (qu'évoque la colombe), le don
de la vie éternelle (qu'évoque la branche
de palme).
|
Un autre symbole majeur du
salut en Christ est :
Le Poisson
|




à partir de la fin du IVe siècle,
la croix commence à apparaître
|
Ce symbole est très classique dans les premières
images chrétiennes.
Au cours des siècles, cette image a évoluée:
- dans les images les plus anciennes, il s'agit d'un
poisson tout simple et réaliste, comme dans cette
1e image, où l'on voit même un peu d'eau.
- à partir de la fin du IVe siècle on a
pu voir ajouté une croix qui précise qu'il
s'agit bien d'un symbole du Christ, comme dans cette 2e
image, où le poisson ressemble à un dauphin
stylisé.
- et enfin, ce poisson très stylisé qui
reprend la forme de l'alpha grec, a été
popularisé à notre siècle par les
mouvements évangéliques dans le monde entier
(3e image)
Pourquoi un poisson pour symboliser le Christ ?
C'est d'abord parce que le poisson était, par chance,
un symbole extrêmement positif à la fois dans
la culture biblique (juive) et dans la culture grecque:
Dans la culture juive biblique, l'eau (quand elle est paisible)
évoque la banédiction de Dieu, comme cette
eau qui fait fleurir le désert, et calme notre soif.
Le poisson est l'image même de la créature
qui vit tout entièrement plogée dans l'eau,
c'est ainsi une image du croyant qui vit tout entier plongé
dans la bénédiction de Dieu. C'est ainsi une
bonne image du Christ, d'abord, ou plus modestement du croyant
fidèle. D'autant plus que le poisson a la réputation
de grandir tout au lond de sa vie et de garder toujours
les yeux ouverts (deux belles qualités pour un croyant
!)
Dans la culture grecque le dauphin (que l'on prenait pour
un poisson) était l'image du sauveur, puis qu'il
arrivait que des dauphins sauvent des naufragés en
les portant jusqu'à la rive.
Cette coïncidence était donc une chance extraordinaire
pour le christianisme primitif qui était une branche
de la culture juive biblique se répandant dans un
monde imprégné de culture grecque.
Le Christ est ainsi reconnu à la fois l'exemple
même du croyant, et le sauveur.
Un jeu de mot a par la suite permis d'associer le poisson
(Ichtus en grec) au Christ. Si l'on prend le mot Ichtus
comme un sigle, les chrétiens on inventé une
petite confession de foi sur la base de ce sigle, Jésus-Christ
est l'Ichtus:
- I comme Iesous = Jésus
- CH comme CHristos = Christ
- TH comme THeou = de Dieu
- U comme Uios = Fils
- S comme Soter = Sauveur.
= Jésus-Christ est le Fils de Dieu, le Sauveur
Il est l'Alpha, le commencement d'un monde nouveau, d'une
vie nouvelle pour nous.
|
|

|
Le poisson apparaît aussi parfois dans une allusion
à la communion, comme dans cette fresque des catacombes
de Saint-Calixte (région de Lucina), et comme dans
cette autre fresque . C'est ce que l'on appelle parfois
le "poisson eucharistique". Nous voyons ici une
corbeille contenant 5 pains et peut-être un verre
de vin rouge en transparence au milieu.
- Peut-être que le poisson porte le pain et le vin,
il représenterait alors le Christ qui offre le
pain de son corps et le vin de son sang pour nous donner
la vie ?
- Peut-être, plus simplement que le poisson accompagne
une corbeille de pain, comme dans les récits de
la multiplication des pains et des poissons par Jésus
(Matthieu 14:17)
Nous retrouvons clairement une illustration de ce passage
de la Bible dans cette mosaïque chrétienne du
Ve siècle à Tabgha
|
Une autre image, encore associée
à l'eau, apparaît souvent pour symboliser l'Espérance
chrétienne :
L'ancre
|


|
Ce symbole illustre ce verset de la lettre aux Hébreux:
Cette espérance (en Christ), nous la possédons
comme une ancre de l'âme, sûre et solide; elle
pénètre au-delà du voile....
Héb 6:19.
L'ancre est tout à fait réaliste, peu stylisée,
il y a l'anneau pour accrocher la corde, les poignées
en haut aidaient à remonter l'ancre à bord...
L'eau est parfois représentée, comme ici sur
cette tuile romaine.
Ce symbole de l'Espérance par le Christ est très
fréquent jusqu'au 3e siècle, puis il disparaît
au profit de la croix.
Les lettres Alpha et l'Oméga sont souvent gravés
à côté de la traverse, ou un poisson,
pour bien préciser, si nécessaire, que notre
espérance est en Christ. Cette espérance est
comme une ancre qui retient solidement l'la personne à
la réalité invisible qu'est le Christ. Elle
évoque la personne qui a atteint le port de la vie
éternelle.
|
D'autres symboles bibliques
majeurs apparaissent dans ces illustrations :
- La Colombe pour désigner
l'Esprit Saint,ou la personne dans la vie future
- La Branche d'Olivier pour désigner
la bénédiction de Dieu,
- La Branche de Palmier pour désigner
le Salut,
- Le Cep de Vigne pour désigner
le croyant dans la vie éternelle
|




(mosaïque du Ve s. à Ravenne)

|
La colombe picorant des olives, du raisin, une branche
de palme ou buvant représente la personne vivant
dans la vie future, se nourrissant des dons de Dieu.
L'olivier et l'huile d'olive évoque la bénédiction
de Dieu. Comme dans le récit du déluge quand
la colombe ramène un rameau d'olivier montre à
Noé que Dieu envoie (de nouveau) sa bénédiction
(Genèse 8:11).
L'huile est en effet, l'image même de ce que Dieu
donne au croyant, car lhuile dolive était
alors utile à plein de choses aux gens de l'époque:
ils mangeaient surtout des galettes dhuile dolive
et de farine, comme Dieu nourrit.
ils séclairaient avec des lampes à
huile, la Parole de Dieu éclaire,
ils soignaient les blessures avec de lhuile, Dieu
guérit.
ils l'utilisaient pour se préparer au combat, et
pour se farder, comme Dieu nous perfectionne et nous fortifie,
ils conservaient des aliments dans l'huile, comme Dieu
garde pour la vie éternelle.
+ dans les moyeux de roue, Dieu "met de l'huile dans
les rouages", il donne la paix.
Le Christ est ainsi comparé à un olivier
dans l'Apocalypse (§11)
La colombe est également souvent représentée
en train de boire ou de picorer du raisin. L'eau est, dans
la Bible, un autre symbole très classique de la bénédiction
de Dieu. Le raisin évoque le repas à la table
du Christ dans le Royaume de Dieu.
|
|


|
La branche de palme est également très fréquente.
Cet arbre qui pousse au bords des cours d'eau évoque
la bénédiction de Dieu pleinement reçue,
et donc la vie éternelle.
L'homme recevant ainsi le salut reçoit le bonheur
qui est ici visible par l'attitude de l'orant (voir plus
haut).
|
Un symbole non biblique, tiré
de la mythologie grecque, pour désigner la résurrection:
Le Phénix
|

|
Le phénix, selon une mythologie non biblique, renaît
de ses cendres après des milliers d'années.
Il est ainsi une image de la résurrection personnelle.
Dans la Bible ce serait plutôt l'aigle qui joue
ce rôle, comme dans le Psaume 103:5 C'est lui (Dieu)
qui rassasie de biens ta vieillesse, Qui te fait rajeunir
comme l'aigle...
|
Il y a par ailleurs des illustrations
de récits bibliques, en particulier des épisodes
de
La vie de Jésus
|

|
La nativité: on voit Marie, avec son enfant Jésus
dans les bras et les mages qui viennent apporter des présents
(Mt 2).
|
|



|
Le Christ avec ses apôtres, probablement à
un repas, peut-être la Cène (le dernier repas
de Jésus avec ses disciples avant d'être exécuté,
repas où il a institué la Communion).
On y voit clairement un poisson (symbole important - voir
ci-dessus- et allusion au récit des évangiles
où Jésus multiplie des pains et des poissons
pour la foule)
Dans cette troisième représentation, on voit
le Christ qui sert les 12 apôtres (Judas est un peu
en arrière). Il a des aides, dont une femme (semble-t-il).
|
|
|
La résurrection de Lazare (Jn 11) est également
souvent représentée sur les tombeaux (dans
les catacombes, ou dans des églises). Ici on voit
Jésus faire sortir Lazare de sa tombe, devant ses
deux soeurs (Marthe et Marie)
|
|
|
Mais plus largement, les miracles de Jésus sont
souvent mis en scène, pour dire la confiance en lui
pour transformer notre vie. Sur ces 2 panneaux du Ve siècle
on voit le Christ, comme souvent à l'origine, sous
les traits d'un adolescent.
|
|
(catacombes de Rome, vers 300)
|
Le salut en Christ n'est pas seulement un enseignement,
mais il est présenté comme une guérison,
une action qui nous permet d'être profondément
libéré. C'est ce qu'exprime cette fresque
illustrant un passage de l'Évangile. Une femme touche
le bord du vêtement de Jésus est est guérie
de son hémoragie. Jésus lui dit: Ma fille,
ta foi t'a sauvée; va en paix, et sois guérie
de ton mal (Matthieu 5:25-34)
|
|

|
La représentation de la crucifixion du Christ n'apparaît
pas avant le 5e siècle.
Les chrétiens des 4 premiers siècles préféraient
mettre en valeur d'autres épisodes de sa vie, en
particulier ce qu'il a dit.
La plus ancienne représentation connue de la crucifixion
est celle-ci, sur un coffret en ivoire datant de l'an 420
environ. On y voit aussi, de gauche à droite, les
personnages de Judas (qui se suicide, selon Mt 27:5), de
Marie et de Jean (selon le bel épisode de Jean 19:26),
et le soldat romain qui continue à se moquer de Jésus
(Lc 23:36).
|
Bibliographie:
- Frédérick Tristan "Les premières
images chrétiennes, du symbole à l'icône
IIes.-VIes.", Fayard, 1996
- Les
catacombes de Rome
Réagissez sur le blog de l'Oratoire, c'est un espace où vous pouvez faire profiter les autres de vos propres réflexions...


Vous pouvez aller
voir sur ce site ce petit dictionnaire
de théologie, pour un témoignage de ce siècle.
|